Manekia urbanii existe encore en Haiti

Les spécialistes de la famille des Piperaceae pensaient que, vu la dégradation de l’environnement en Haïti, M. urbanii, une espèce endémique a peut-être disparu dans la nature. En ce sens, ils ont encouragé à faire des études pour le retrouver et l'évaluer. En effet, ils ont réalisé l’analyse moléculaire des six espèces de Manekia du monde sauf celle d'Haïti qui n’a pas été bien évaluée par manque de spécimens viables (Schubert, Heather K. 2012).



La bonne nouvelle, la plante est belle et bien présente en Haïti. Le botaniste haïtien William Cinéa a recensé et géoréférencé trois populations en santé à Parc Macaya. Cependant, le nom scientifique n’est pas encore accepté par la communauté scientifique.


Ce fut le 2 décembre 1925 que Ekman a collecté cette plante sur la route de Jérémie entre Camp-Perrin et Beaumont. Il a écrit une note sur le spécimen pour confirmer que c'est un nouveau genre de la famille des Piperaceae. “ Son comportement et son habitat sont très différents des autres pipers". Le botaniste américain William Trelease (February 22, 1857 – January 1, 1945), spécialiste des Pipéracées l’a nommé "Manekia urbanii Trel." en l'honneur du botaniste allemand Ignatz Urban.


Certains experts de plusieurs universités des États-Unis avaient procédé à la révision du genre Manekia. Ils ont réalisé des analyses moléculaires pour déterminer les caractéristiques des espèces. Les résultats confirment que M. Urbanii est différent des autres (Schubert, Heather K. 2012). Toutefois, M.robusta du Brésil qu’on croyait être M.urbanii présente une certaine similarité. Ils n’arrivaient pas à extraire des molécules pour le M.urbanii du fait que le spécimen utilisé était trop détérioré. Ce dernier fut celui collecté par le botaniste Zanouni le 11 mars 1983 . Il existe très peu de données en ligne sur l'espèce et une carence de spécimens dans les herbiers.



Distribution géographique


Jusqu'en Septembre 2019, M. urbanii a été collecté en Haïti seulement sur la route de Jérémie entre Camp-Perrin et Beaumont par Ekman en 1925 et 1928 et par Zanouni en Mars 1983. Cependant l'équipe du Jardin Botanique des Cayes a recensé trois populations au parc Macaya. C’est une nouvelle espèce pour la flore du parc.


Menaces


Le Jardin Botanique des Cayes a organisé une expédition scientifique du 3 au 6 juin 2020 dans le département de la Grand'Anse. Cependant, l'espèce n’a pas été identifiée. La destruction des écosystèmes au profit des plantations d’igname, d'haricot, etc. a peut-être éliminé l'espèce. Son habitat à Parc Macaya est aussi menacé par les activités agricoles et des plantes envahissantes comme le Calliandra. Une cinquantaine d’individus a été identifiée et mérite d'être protégée.


Conservation


La plante est dans la conservation ex-situ au Jardin Botanique des Cayes. Toutefois, des programmes de sensibilisation devraient être réalisées pour encourager la population locale à conserver l'espèce.


Utilisation


Sa structure physique en forme de liane sur le sol sert d'abris pour beaucoup de micro-organismes. M. urbanii a une grande valeur ornementale



Faisons de la science et de la conservation, une priorité en Haïti.


Références

Trelease W. 1929. Piperaceae hispaniolences. Repertirium Spercierum Novarum Regni Vegetabilis, 23(18-25, March):303-333

Schubert HK, Taylor MS, Smith JF, Bornstein AJ. 2012. A Systematic Revision of the Genus Manekia (Piperaceae). Systematic Botany, 37 (3): 587-598.

Woods CA, Ottenwalder JA. 1992. The Natural History of Southern Haiti. Florida Museum of Natural History. Gainsville. Florida (USA).



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