jeu. 14 janv. | Departement de la Grand'Anse

Semaine scientifique/ Marchons sur les pas d'Erick Ekman

Importance de l’évaluation environnementale dans les prises de décision agricole, environnementale, infrastructure et touristique de la Grand-Anse
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Semaine scientifique/ Marchons sur les pas d'Erick Ekman

Location et heure

14 janv. à 09:00 – 16 janv. à 15:00
Departement de la Grand'Anse, Grand'Anse

Au sujet du cours

Résumé

À l’occasion de la commémoration de la mort d’Erik L. Ekman le 15 janvier 1931, le JBC organise, traditionnellement, une semaine scientifique intitulée « Marchons sur les pas d’Erik Ekman » en vue de rendre hommage à ce grand botaniste qui a travaillé pendant une quinzaine d’années sur la flore haïtienne et de la Caraïbe. Cette 7e édition sera organisée dans le département de la Grand’Anse du 14 au 20 janvier 2021. En effet, cette décision fait suite à une étude floristique et écosystémique sommaire réalisée en collaboration avec EPER et UNOGA au niveau de ce département. Donc, après l’analyse des données collectées sur les différentes espèces, en comparaison à celles du botaniste Erik Ekman de 1924-1928, les résultats révèlent que la grande biodiversité de la zone est en voie de disparition.

Cette perte est due à un manque d’orientation des projets agricoles qui ont éliminé ces espèces indigènes par manque de connaissance. Ainsi, cette semaine scientifique sera une opportunité pour permettre aux différents acteurs qui travaillent au niveau du département d’avoir une meilleure compréhension sur les actions de conservation de la biodiversité et de restauration des écosystèmes. C’est une activité qui se fera en partenariat avec le Jardin Botanique des Cayes, EPER, UNOGA et la Direction de Biodiversité du MDE. De fait, le 10 juillet 2019 à travers d’une déclaration principe de travail, ces institutions ont décidé de conjuguer leurs efforts pour œuvrer à la conservation et à la valorisation de la biodiversité restante au niveau du département de la Grand’Anse, lequel recèle encore un potentiel suffisant pour envisager une perspective. Cette vision se matérialise chaque jour, en dépit de la pandémie qui a un peu handicapé nos activités pour l’année 2020.

Contexte de la semaine scientifique

1.1.- Histoire de la semaine scientifique

Né en Suède le 14 octobre 1883, Erick Ekman a doté Haïti de l’un des plus importants centres de conservation et d’informations sur la biodiversité haïtienne «  l’Herbier National Erick Ekman». Passionné de la botanique depuis l’âge de 11 ans, il a présenté sa thèse de doctorat en botanique à l’âge de 31 ans(1914). Il a passé 7 ans (1917-1924) ans à Cuba dans la collection des plantes, 4 ans (1924-1928) en Haïti et 3 ans en République dominicaine (1928-1931). Il est mort et enterré à Santiago de los Caballeros le 15 janvier 1931 à l’âge de 46 ans de la pneumonie. Le gouvernement dominicain a érigé une statue et une plaque en son honneur. Celui de Cuba a dédié une partie de son Jardin Botanique en gratitude à ses travaux.

Malheureusement, ses œuvres sont très peu connues en Haïti. Pour valoriser les efforts d’Ekman et encourager les jeunes à marcher sur ses pas, le Jardin Botanique des Cayes organise annuellement depuis 2014, une semaine scientifique ayant pour thème  «  Marchons sur les pas d’Erick Ekman ». L’objectif de ces activités est d’encourager les jeunes à s’impliquer dans la recherche scientifique sur la biodiversité pour l’avenir d’Haïti. Notamment, il a fait d’importantes collections dans le département de la Grand’Anse. Presque 100 ans après, l’équipe du JBC a organisé une étude sur la flore et les résultats révèlent que la majorité des espèces endémiques collectées par Ekman sont sur haut risque d’extinction. En conséquence, la semaine scientifique sera réalisée à Jérémie pour sensibiliser tous les acteurs sur l’urgence de la conservation de la biodiversité et la restauration des écosystèmes dans ce département.

  1. Contexte mondial de la semaine scientifique

Les années 2011 à 2020 ont été déclarées par les Nations unies, “décennie de la biodiversité”. De ce fait, cet accord signé en 2010, était un engagement pour tous les pays à travers le monde d’inventorier et de valoriser leur faune et leur flore afin de pouvoir mieux les conserver et les protéger. À présent, les Nations unies ont déclaré encore les années 2021 à 2030, “Décennie de la restauration des écosystèmes”.

Pour restaurer les écosystèmes, il est fondamental de disposer de données fiables et actualisées sur les différentes espèces et leur relation écologique. Cependant, au cours de ces 10 dernières années, Haïti n’avait pas vraiment investi dans la création de base de données sur sa biodiversité. À ce jour, très peu d’informations sont disponibles sur la flore haïtienne et sur les écosystèmes. C’est dans cet objectif que le Jardin Botanique des Cayes (JBC) avec ses partenaires a décidé de lancer la semaine scientifique pour sensibiliser les différents acteurs à s’impliquer dans cette décennie de la restauration des écosystèmes.

1.3.- Description du Département de la Grand-Anse

Le département de la Grand’Anse se situe dans la partie nord-ouest de la péninsule de Tiburon. Sa superficie est de 1 912 km2 (à la suite du redécoupage de l'ancien département de la Grand'Anse et des Nippes) et l’on estime sa population à 468 301 habitants (recensement par estimation de 2015). Il est administrativement divisé en 3 arrondissements et 14 communes. Seulement trois communes n’ont pas accès à la mer:  Beaumont, Mafranc et Moron. Les écosystèmes du littoral, des montagnes et intermédiaires sont très variés.

À travers le pays, le département de la Grand’Anse est reconnu comme l’une des régions qui possèdent une richesse floristique native et endémique très importante. C’est une zone clef de biodiversité qui devrait être conservée et protégée. Malheureusement, cette zone est fréquemment frappée par des catastrophes naturelles qui ont causé d’énormes perturbations dans ses écosystèmes. Lors du passage du cyclone Matthew en octobre 2016 en exemple, la région a connu une grande perte de biodiversité. Pourtant, plusieurs organisations qui travaillent dans le secteur agricole et environnemental au niveau de la Grand’Anse ne disposent pas d’une base de données pour pouvoir mieux orienter leurs prises de décision et leurs interventions. D’ailleurs, la production agricole sans conservation est entrain de transformer la zone en un désert.

C’est dans ce contexte que le Jardin Botanique des Cayes (JBC), EPER, UNOGA et la Fondation Nouvelle Grand’Anse de Jérémie, conscient des enjeux environnementaux de la région, organisent une semaine scientifique sur la conservation de la biodiversité et la restauration des écosystèmes en vue de sensibiliser les citoyens de la Grand’Anse, les acteurs locaux et le gouvernement sur leurs responsabilités de travailler sans relâche pour construire la résilience environnementale et conserver la biodiversité et la restauration des écosystèmes.

II.- Objectifs de cette semaine scientifique

2.1.- Objectif général

Contribuer à sensibiliser tous les acteurs de la Grand’Anse sur la nécessité de procéder à la conservation de la biodiversité et la restauration des écosystèmes de la zone afin de construire la résilience environnementale face aux catastrophes naturelles et le changement climatique.

2.2.- Objectifs spécifiques

  1. Sensibiliser 50 participants sur la création et la gestion d’une base de données communes sur la biodiversité afin qu’ils puissent prendre de meilleures décisions relatives à la restauration des écosystèmes.
  2. Amener les 50 participants à identifier et à mieux comprendre la grande diversité de la flore de la Grand’Anse et l’importance de la conserver.
  3. Sensibiliser les différents acteurs (ONG, L’État, Organisations, Associations, etc.) du secteur de l’environnement sur l’urgence d’avoir des codes de conduite dans la gestion des projets agricoles.
  4. Renforcer les relations entre les institutions œuvrant dans le secteur environnemental et agricole pour qu’elles puissent entreprendre en synergie leurs projets d’intervention futurs.
  5. Renforcer l’herbier de l’UNOGA
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